5 styles

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  5 STYLES N°45 - 23

A L'HEURE OÙ NOTRE SOCIÉTÉ VA DE PLUS EN PLUS VITE AVEC DESVALEURS AXÉES SUR LE MATÉRIEL, IL EXISTE DES GENS QUI PRENNENT LEUR TEMPS. ABAD FAIT PARTIE D'UNE CATÉGORIE PEU COMMUNE: LES POÈTES. 5STYLES VOUS PROPOSE DE DÉCOUVRIR CE PERSONNAGE.

 

Présentations en quelques mots ?

Salut, voilà je suis “Abad” Boumsong ; j'ai 28 ans, je suis poète

et parolier.

Tes origines ?

Je suis originaire du Cameroun où d'ailleurs j'ai passé mon enfance.

Tu es arrivé en France à quel âge ?

J'avais seize ans quand je suis arrivé en France.

Tu es issu de quel milieu ?

Au Cameroun je faisais partie de la classe moyenne on va dire.

Arrivé en France, il a fallu être vraiment plus modeste. Cela n'a pas

été facile mais qui a dit que la vie l'était ? Pas Darwin en tout cas.

Quand tu étais petit tu voulais faire quoi ?

Désolé je ne rêvais pas de devenir pompier. Je rêvais d'écrire et rien

d'autre.

C'est assez étrange car tu as comme passion

l'écriture depuis enfant, d'ailleurs tu savais lire

à 4 ans, et écrire à 6 ans ; pourquoi tu n'as

pas eu comme passion le foot ? Si tu regardes

Tony Parker, ses frères sont dans le basket !

Les frères de TP ont sûrement été comme lui, influencés par son

père qui avait déjà eu une certaine carrière. Moi aussi j'ai été

influencé par le mien qui était volleyeur de haut niveau. J'ai fait du

volley avant de subir la fièvre Jordan et de faire du basket. Mais ma

vraie passion a toujours été l'écriture. En cela j'ai été influencé par

un oncle qui est professeur de littérature en Allemagne. Il a

d'ailleurs écrit la préface de mon livre.

Quand as-tu écrit ton premier poème ?

Mon premier poème…Je crois en troisième, après avoir lu « Le

Lac » de Lamartine. Mais j'essayais déjà d'en écrire sans connaître

vraiment la poésie.

Tu lis beaucoup ?

Enormément, mais je préfère quand même écrire.

Quel genre de lecture ?

5 styles bien sûr ! (rires) Je lis des ouvrages ésotériques, des

romans d'anticipation, de la poésie (Hugo) et j'adore Bernard

Werbe

De quelle manière lis-tu les médias ?

Les médias sont comme toutes les choses faites par l'homme, il y

a du bon et du moins bon. Je fais juste le tri, je ne prends pas tout

pour argent comptant et surtout je pense par moi-même.

Aujourd'hui on a tendance à laisser les médias le faire pour nous,

cela peut-être dangereux surtout quand on sait qui est souvent

derrière les médias.

Quelque part, vouloir une diversité au niveau

des présentateurs Télé, c'est quelque chose

qui ne changera rien. Si l'information est tronquée,

quelque soit le faciès de l'animateur c'est

pareil ?

Que veut-on dans le fond ? Danser, ou mettre la musique et régler

la chorégraphie. Si on veut juste danser, c'est la même chose,

qu'importe le faciès de l'animateur. Un faciès issu de la diversité ne

fait que convertir d'autres danseurs et les persuader que la

musique est bonne, c'est tout. Par contre si on veut mettre la

musique, il faudrait voir plus loin.

Par contre ce serait différent d'avoir à la tête

de postes décisionnaires, quelqu'un de la diversité

?

Oui mais très souvent cette personne n'est pas là pour la diversité

mais plus pour elle-même. Je ne critique pas, je constate. D'autre

part, j'ai du mal avec cette histoire de diversité et de minorité,

parce que très souvent ce qu'elles désirent c'est faire partie de la

majorité et malheureusement à cause du système, elles veulent

être calife à la place du calife. C'est la nature, résultat simple du

Darwinisme économique. Seulement quand nos minorités ne

seront plus des minorités, il en existeront d'autres qui nous montreront

du doigt à leur tour. Le système fonctionne ainsi. L'idéal

pour moi n'est pas seulement de ne plus faire partie des minorités,

mais qu'il n'y en ait plus du tout. J'aimerais qu'il y ait une seule

majorité : L'humanité. Mais j'ai la vague impression que c'est exiger

un effort surhumain de la part des hommes que de vouloir faire

d'eux des humanistes.

Tu as écrit un recueil de poèmes. On dit que la

poésie d'aujourd'hui c'est le slam, qu'en penses

tu ?

Pour moi le slam est à la poésie ce que le hip-hop est à la musique

et n'en déplaise à beaucoup de poètes, la poésie devra faire avec

le slam ou s'amputer elle-même. La poésie de ce siècle sera urbaine

ou ne sera point.

Aujourd'hui nous sommes dans un monde de

"paraître". Tu penses qu'on peut séduire avec la

poésie ? Ou est-ce quelque chose de ringard ?

C'est plutôt l'image du poète qui était ringarde parce que la poésie

l'était elle-même. Mais avec la nouvelle génération c'est

quelque chose qui risque de changer. Le poète a maintenant une

image en adéquation avec son époque. Quant à ce qui est des

filles, je crois que ma copine aime beaucoup les poèmes que je lui

écris.

Ton livre du néant, sorti au printemps dernier,

est tout de même assez sombre. Tu es sombre ?

C'est un reflet de ta personne ?

Nous sommes tous faits de clair obscur. Moi j'ai juste laissé un peu

parler le côté obscur de ma force, c'est tout. Attention, je ne suis

pas Dark Vador non plus au cas où tu serais un Jedi !

Tu peux parler d'un ou deux textes qui sont

dans le livre du néant ?

Ben…Je parlerais du poème « Pour toi qui me hais », dans lequel

j'explique à une personne intolérante (un raciste) la vacuité de sa

démarche. Je l'attire vers moi en lui disant que je suis son frère et

je vais même plus loin en lui disant qu'en me haïssant c'est luimême

qu'il rejette.

La haine n'est pas une pierre c'est un boomerang. L'autre poème

s'intitule « Elle souffre » ; dans celui-là je décris les tourments

d'une femme violée. C'est sombre, glauque, violent, comme l'est

un viol et je suis même sûrement en dessous de la réalité. Ce

poème est important à mes yeux parce que d'abord je l'ai écrit

pour Samira Belil, auteur de « l'Enfer des tournantes », et il a

d'ailleurs été interprété par Grand Corps Malade au cours d'une

soirée. D'autre part, je voulais surtout faire passer un message tout

simple que peut-être notre société a du mal à saisir. Les femmes

battues, violées, ont mal au-delà de la douleur et il y a plein

d'autres Samira.

En parallèle à l'écriture, que fais-tu ?

Je suis Directeur de la Rédaction pour le site de mon frère (Jean-

Alain) et je suis aussi journaliste. Au fait, vous embauchez chez

5 Styles ?

Bien sur ! D'ailleurs pour l'entretien d'embauche

on va te demander un poème….

« J'aimerais tant travailler chez 5 styles/Lisez mon CV sans être

hostile » C'est bon j'ai le job… ?

Propos recueillis par Le Coach

  
  

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Dernière mise à jour de cette page le 23/01/2007

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