ELLE SOUFFRE
Dans un coin de la cave du vieil immeuble
Elle gît là, abandonnée, tel un vieux meuble,
Au milieu des rats, et d'un nuage d'écume
Elle souffre et lentement sa vie se consume.
Elle a mal partout, elle a mal dans son corps
Et il y a cette douleur, face cachée de la mort
Ce cri interminable, cet innommable affront
Qu'elle ressent encore en elle, au plus profond.
Mais plus que son corps, c'est son âme qui souffre
D'une déchirure béante comme le gouffre.
A jamais meurtrie, calcinée à l'intérieur
Elle entend dans son cœur, la voix d'un corbeau rieur.
Tout son être est une énorme plaie, si horrible
Qu'elle ne sait plus s'il est là, son cri terrible
Elle ne l'entend même pas, elle est perdue
Se chassant elle-même dans une course éperdue.
Ignoriez-vous que comme les oiseaux dans le ciel
Les femmes souffrent lorsqu'on brûle leurs ailes.
Les femmes sont comme les fleurs, elles s'étiolent
Lorsqu'elles n'ont plus d'eau, lorsqu'on les viole !
C'est un tel martyre qu'elles préfèrent mourir
Pour ne plus avoir mal, ne plus souffrir,
Et toujours sentir cette nausée dans leur corps ;
L'âme en ressort broyée, seul le cœur bat encore.
ABAD
« Le livre du néant »
NB:Ce poème a été ecrit pour honorer la mémoire
Samira Belil auteur de "L'enfer des tournantes" pour qui je dédie cet écrit.
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1. moi Le 13/10/2007 à 09:46
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