LES PESTIFERES
Ici il y a longtemps que les rêves sont morts
Que la souffrance fait partie du décor
Et que chaque journée vient apporter son deuil
A cette sombre vie, tapissée d'écueils !
Ici depuis longtemps on connaît ce vide
Et cette sensation que l'avenir est aride
On a cette impression d'être sur place
Et d'être plongé au cœur de la crasse.
Chez nous vivre est un luxe, mourir un cadeau
Dans ce désert où l'existence est un fardeau ;
Chez nous il faut vite apprendre à courir
Il faut hélas vivre à défaut de mourir.
Chez nous il n'y a pas de soleil qui se lève
Ici rien ne commence vraiment tout s'achève
Nous avons souvent cette rage, cette haine
Envers ce système sombre qui nous enchaîne.
Pour vous nous comptons peu, nous ne sommes rien
Nous n'avons qu'une seule finalité : vauriens !
Pour vous nous sommes la cause du marasme
C'est à cause de nous si le pays a des spasmes.
Pourtant on lutte chez nous, nous faisons des rêves
Il y a des cris qui montent, des chants qui s'élèvent ;
Nous sommes des vers, mais nous sommes en vie
On ne vole pas l'espoir, on ne tue pas l'envie.
Pour vous n'existons pas, mais nous sommes là
Vous si hauts, et nous la lie ignoble, en bas ;
Mais nous espérons qu'un jour malgré votre cécité
Vous verrez enfin ce qui se passe dans nos cités !
ABAD
« Le livre du néant »
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