TA DESTINEE

 

 

Je parle souvent de toi

Au vent quand il me sourit

Je lui dis que sous ton toit

Seules les blattes sont nourries

 

L’hiver est une sorcière

Qui t’envoie des maléfices

Afin que sa poussière

Noie tes rêves et tes édifices.

 

Tu as grandi sous les halls

Près des murs lourds et froids

Loin du ciel, trop près du sol

Portant les jours comme une croix

 

Tu as vu les larmes de ta mère

Et ton père entre quatre murs

Pour avoir cru aux chimères

Que seule la misère murmure.

 

Tu as dû voir des balles

Et pleurer pour quelqu’un

Qu’une pierre tombale

Avait changé en défunt.

 

Tu as dû avoir faim

Avant de dormir le soir

Cherchant des bouts de pain

Vainement dans le noir.

 

Tu as entendu ton nom

Sortir de leurs bouches

Comme si tu étais un démon

Qu’aucun espoir ne touche

 

On a souillé ta couleur

On a lynché ta religion

En créant des douleurs

Par milliers, par légions.

 

On t’a dit que tu ne pouvais pas

Comme eux atteindre le ciel

Car ta seule place était en bas

Les pauvres n’ont pas d’ailes

 

On t’a dit que tu n’étais rien

Que tes parents viennent d’ailleurs

On t’a dit que tu étais vaurien

Pris entre la police et les bailleurs.

 

On refuse même de t'entendre

Quand tu parles de ta nausée

Et certains osent prétendre

Que la nuit c’est toi qui l’as causée.

 

Ton art leur semble un cri

Si fort qu’ils ferment leurs portes

Et certains esprits prient

Afin que ta voix reste morte

 

On t’interdit aussi de rire

Et de verser des larmes

Comme si devant le pire

Il n’existe pas d’arme.

 

Mais marche mon frère, va devant

Et n’écoute pas les morts

Ils n’aiment pas les vivants

Qu’ils éteignent sans remords

 

Frère, la rue n’est pas une tombe

Dont on ne se relève jamais

Même les rats des catacombes

Rêvent du soleil que Dieu promet.

 

Frère la cité n’est pas le bout

Malgré ses cris et ses deuils ;

Ceux qui n’ont jamais été debout

Rêvent aussi de marcher sans fauteuil.

 

Le monde n’est pas un bâtiment

En béton armé et cette prison

Infligée comme un châtiment

Ne peut être ton seul horizon.

 

Le bitume n’est pas l’univers

Frère on ne te l’a jamais dit ?

Oui, il n’y a pas que l’hiver

Ici bas, tu n’es pas maudit. /.

 

 

 

 

 ABAD 'Le livre du néant'

 

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Commentaires (5)

5. soufiane ABAD Le 02/08/2007 à 22:41

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salut je ravis de voir des poeme comme ce si et j ai etonne sur tout quand j ai trouver que nous avons le méme nom (magnifique)

4. motajia Le 04/06/2007 à 06:01

Envoyer un e-mail à motajia
c est la galère de l homme noir dans les pays blancs

3. Athanase Vantchev de Thracy Le 31/01/2007 à 15:33

Dites, mon Ami, est-ce vous l'auteur du tag? Un travail d'artiste.

2. Athanase Vantchev de Thracy Le 31/01/2007 à 15:31

Envoyer un e-mail à Athanase Vantchev de Thracy
Vous avez, mon cher Abad, une façon de dire les choses, qui émeut profondément. Une force qui jaillit de vos entrailles, de vos veines, de vos fibres. Quoique votre poésie soit si éloignée de la mienne, je l'aime et la lis à haute voix pour me donner du courage. Merci, mon jeune frère!

Athanase

1. christelou Le 20/12/2006 à 18:58

Envoyer un e-mail à christelou
superbe ABAD! c'est magnifique ce que tu écris! j'aime beaucoup! tu as vraiment du talent, je pense sincèrement que tu peux aller très loin. Mais! je dois dire que j'ai une petite préférence pour (TA DESTINEE)... BISOU
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Dernière mise à jour de cette page le 08/02/2008

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